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Avocat à Paris 3
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LA PLAIDOIRIE

La plaidoirie est le temps de parole des avocats, qu'ils mettent à profit pour exposer devant des juges les prétentions des parties, mais elle est également l'art de résumer, de synthétiser, d'exposer des dossiers.

 

Elle constitue un des symboles de la profession d'avocat, si ce n'es le SYMBOLE de ladite profession.

 

Mon confrère, Maître Emile POLLACK du Barreau de MARSEILLE, aurait répondu à la question : « Comment plaide-t-on ? » de la manière suivante : « Debout et en français ».

 

Il est toutefois vrai que chaque avocat a sa propre technique, son propre style : les énervés, les timides, les ténors, les basses, les amusants, les tristes, les vindicatifs, les moqueurs, autant de plaidoiries qu'il existe d'avocats, autant de plaidoiries qu'il existe d'affaires.

 

Aujourd'hui, la qualité d'une plaidoirie ne s'apprécie plus au nombre de citations latines employées et aux éclats de voix qu'elle suscite. La théâtralité des « beaux » ou « grands » plaideurs paraîtrait désuète à quiconque ne viserait pas une place à la Comédie Française.

 

L'intérêt du client primant, l'avocat doit plaider aujourd'hui « utile ».

 

On est donc loin des compositions savantes, alambiquée, pompeuses, embarrassées qui firent dire à une personne assistant à une audience :« qu'après avoir ouï leurs discours, je ne fus pas plus instruit qu'auparavant du droit des parties ni même des faits de la cause, et comme je me plaignais de mon peu d'intelligence devant les juges, ils me consolèrent en me rassurant qu'ils n'avaient rien compris eux-mêmes.» (Cité in J. HAMELIN et A. DAMIEN. Les règles de la profession d'avocat. n°249, p.241, Dalloz, 8ème édition.)

 

Il faut être donc être convaincant et non pas usant.

 

D'autant plus que, selon l'article 440 alinéa 3 du Nouveau Code de Procédure Civile le Président de la juridiction a le pouvoir de « faire cesser les plaidoiries » autrement dit de retirer la parole aux avocats « lorsque la juridiction s'estime éclairée. ». Ce texte peut susciter le doute sur la liberté de parole de l'avocat, mais cela Cela me fait penser çà une anecdote savoureuse :

 

« Un avocat plaidait depuis trois heures d'horloge, noyant son auditoire dans une interminable jurisprudence : « ...Je citerai aussi, messieurs, un dix-septième jugement, celui rendu le 3 mai 1938 par le Tribunal d'Orléans... ». Le Président PERIVIER : « Orléans, cinq minutes d'arrêt. L'audience est suspendue » (Cité in Jérôme DUHAMEL. Le bêtisier du XXème siècle .p. 69, JC LATES, ,1995)

 

En définitive, une citation anonyme résume assez bien ce que doit être une plaidoirie : « Une plaidoirie doit être comme une jupe de femme : assez longue pour couvrir le sujet et assez courte pour être suivie ».

 

La plaidoirie n'est pas donc pas un discours académique, elle est une éloquence ordonnée à une fin qui est la conviction du juge.

 

Elle est l'art de l'exposition et du raisonnement, elle démontre, elle convainc le tribunal par un résumé rapide et objectif, que la cause dont il vient d'entendre l'exposé, est simple, bonne et juste. Elle a pour but de rendre le magistrat, jusqu'à là impartial, partisan de la partie que l'avocat défend avant même qu'il n'ait examiné les dossiers qui lui seront confiés et qui seront l'accompagnement de toute bonne plaidoirie. (ESTOUP. « Les dossiers de plaidoirie » : Gaz Pal 1990, 1, Doct. P.202)

 


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